"Vivons de nouveau en paix!", exhorte une pancarte géante à l'entrée de San Pedro Sula, à 240 km au nord de la capitale, Tegucigalpa. Principal port et pôle industriel du pays, "Sula" est devenue l'épicentre de la violence hondurienne, sous l'influence conjuguée du crime organisé et des petits délinquants.
Partout dans la ville, des gardes armés sont postés devant les grilles des entreprises, restaurants et petits commerces, et les rues se vident dès la nuit tombée, donnant à certains quartiers des airs de ville fantôme.
Depuis que le gouvernement mexicain a lancé une offensive militaire contre les trafiquants fin 2006, les cartels ont déplacé leurs activités plus au sud et ont gangrené l'Amérique centrale, profitant de la faiblesse de ces petits Etats et de la pauvreté qui touche 70% des 8,2 millions de Honduriens pour étendre leur réseau.
Ils s'y appuient notamment sur les "maras", bandes ultra-violentes dont les membres sont tatoués parfois jusqu'au visage. Impliquées dans la revente de drogue, l'enlèvement, le meurtre et l'extorsion, la "Mara Salvatrucha" (MS) et la "Mara 18" (M18), se livrent une sanglante guerre territoriale dans les villes honduriennes.
"Nous avons des points de vente (de drogue), nous protégeons aussi des gens impliqués dans ce commerce. Les +MS+ ont leur territoire, et nous le nôtre", témoigne "Flash", membre de la "M18" détenu dans la prison de San Pedro Sula.











