ASUNCION - Le chef de l'Etat paraguayen, Fernando Lugo, un ex-évêque devenu le premier président de gauche depuis 62 ans, a dû quitter le pouvoir vendredi après avoir été démis de ses fonctions à l'issue d'un "procès politique en destitution", expédié en quelques heures devant le Sénat.Son vice-président, Federico Franco, 49 ans, a immédiatement été investi, conformément à la constitution, lors d'une brève cérémonie au Congrès d'Asuncion. La gauche latino-américaine a immédiatement dénoncé ce que la présidente argentine, Cristina Kirchner, a qualifié de "coup d'Etat illégitime", suivie par le Bolivien Evo Morales, qui y a vu un "coup d'Etat parlementaire", tandis que le Vénézuélien Hugo Chavez qualifiait d'"illégitime" son successeur.
Dès l'annonce de la condamnation du président, au terme de ce procès expédié en cinq heures, plusieurs milliers de ses partisans rassemblés sur la Place d'armes de la capitale paraguayenne ont manifesté leur colère. Certains protestataires s'en sont pris aux forces de l'ordre, qui ont répliqué à coups de matraques, de gaz lacrymogènes et de lances à eau.
La foule s'est rapidement dispersée avant de revenir peu à peu devant le Congrès en respectant l'appel "à ne pas verser le sang des justes" formulé par leur favori déchu. A 18H27 locales (22H27 GMT) à Asuncion, un total de 39 sénateurs sur les 43 présents, soit plus des deux tiers requis, ont déclaré Fernando Lugo coupable des accusations formulées contre lui, entraînant sa destitution immédiate.
M. Lugo, a qui il restait un peu plus d'un an de mandat, était accusé d'avoir "mal rempli ses fonctions" à la suite des heurts qui ont provoqué la mort de 11 paysans sans-terre et six policiers lors d'une opération visant à déloger les occupants d'une propriété agricole le 15 juin dans le nord-est du pays. Pendant la séance, quatre sénateurs ont dénoncé un procès expéditif, constituant selon eux une atteinte à la démocratie paraguayenne.











